Reconstruction du port de Beyrouth

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L’explosion du 4 août 2020 a profondément bouleversé le port et le tissu urbain de Beyrouth. Cette proposition de concours étudie la reconstruction du front de mer comme une opération à la fois civique, mémorielle et économique. Elle pose une question structurante : comment restituer le port à la ville tout en préservant la mémoire du site et en préparant de nouveaux usages ?

Une stratégie urbaine pour le port

Le projet propose de déplacer les fonctions logistiques lourdes vers un centre extérieur au cœur urbain. L’emprise libérée devient un quartier littoral mixte, relié aux quartiers existants et organisé autour d’espaces publics, de programmes culturels, de logements et d’activités économiques.

Lieu
Port de Beyrouth, Liban

Programme
Reconstruction urbaine — proposition de concours

Statut
Proposition de concours

Année
2021

Architecte principal
Ibrahim Nawaf Joharji

Missions
Urbanisme, architecture mémorielle et restructuration économique

Recherche et lecture du territoire

La proposition a été développée à la suite de la participation d’INJ Architects au symposium « Reconstructing Beirut » de l’Architectural Association. Le travail de recherche associe séquences vidéo géolocalisées, modélisation tridimensionnelle et analyse du littoral afin de reconstituer les effets de l’explosion et de comprendre les relations entre le port, la ville et la mer.

Trois secteurs complémentaires

Le plan directeur répartit l’intervention en trois zones. La première, au contact direct de la ville, rassemble des programmes résidentiels et commerciaux qui soutiennent l’activité quotidienne. La deuxième conserve des fragments du port et organise un cercle mémoriel et de recueillement au voisinage de l’épicentre. La troisième accueille la « Tour de la Résurrection », repère vertical associé à un socle administratif et culturel, à des niveaux mixtes et à une plateforme panoramique.

Vue aérienne nocturne des quartiers circulaires, de la tour et des installations sur l’eau.
Composition nocturne du projet à l’échelle du littoral.

Anneaux superposés et porosité

Le langage architectural repose sur des plateaux annulaires superposés, décalés et ouverts en leur centre. Chaque anneau peut recevoir un programme différent tout en formant un ensemble lisible depuis le littoral. Les vides centraux introduisent lumière, air et continuités paysagères dans les volumes.

À l’échelle conceptuelle, cette géométrie est étudiée comme une structure poreuse : les courbes cherchent à répartir les efforts latéraux, tandis que les ouvertures et les décalages sont envisagés pour limiter la concentration des pressions et le risque de propagation d’un effondrement. Il s’agit d’une hypothèse de conception du concours, à confirmer par des études structurelles détaillées.

Maquette volumétrique blanche du projet complet sur le littoral de Beyrouth.
Maquette d’ensemble reliant les trois secteurs au tissu urbain.

Mémoire, identité et proximité

Le mémorial forme un espace civique distinct du programme immobilier. La palette rouge, blanche et verte renvoie à l’identité libanaise, tandis que le motif de l’onde devient un principe de composition urbaine. Le quartier s’appuie aussi sur un modèle de proximité à une minute : des services essentiels et des espaces partagés sont distribués au plus près des parcours piétons et cyclables.

Un front de mer rendu à la ville

La composition relie paysage, mémoire et nouveaux usages sans effacer la trace du port. La tour agit comme un repère, le cercle mémoriel comme un lieu de recueillement, et les ensembles circulaires comme un tissu urbain habité. Ensemble, ces éléments dessinent un front de mer continu, accessible et adaptable.