The Artistic Curl — module résidentiel au musée Nivola
Costantino Nivola a quitté la Sardaigne avant de devenir l’un des sculpteurs majeurs du XXe siècle. Son œuvre est ensuite revenue à Orani sous la forme d’un musée. Le concours The Living Museum posait dès lors une question précise : comment habiter à proximité de cette collection sans réduire le projet à un simple point de vue sur l’art ? La proposition d’INJ Architects répond par un module résidentiel conçu comme une sculpture habitable, dont la logique spatiale procède de l’œuvre elle-même.

Lieu Orani, Sardaigne, Italie
Maître d’ouvrage Musée Nivola
Programme Module résidentiel — concours
Statut Proposition de concours
Année 2021
Architecte Ibrahim Nawaf Joharji
Mission Architecture organique, ingénierie avancée, résidence culturelleL’étude part de La Mère, sculpture où Nivola met en tension la masse, l’asymétrie et le corps. Ces principes sont transposés à l’échelle de l’habitation : un ellipsoïde torsadé s’élève depuis le sol, sa peau pivotant au fil de la hauteur. Aucune façade n’est perçue de la même manière selon le déplacement de l’observateur ; la forme reste stable tout en produisant une lecture continuellement changeante.



Le projet n’imite pas littéralement une sculpture de Nivola. Il en extrait un système de composition : poids décentré, continuité des surfaces, ouverture orientée et rapport direct au paysage. Les études de cadrage analysent les vues vers le musée, la ville d’Orani et les reliefs environnants. L’architecture organise ainsi une succession de regards plutôt qu’un objet isolé.



L’implantation suit les pentes modérées et les cheminements naturels du terrain. Les unités sont espacées pour préserver les vues et se glissent parmi les arbres sans construire un front continu. À l’échelle du site, leur répétition compose une constellation de petites présences sculpturales ; à l’échelle de l’habitant, chaque module conserve une relation intime avec la végétation.



Le contexte du musée Nivola fournit plus qu’un décor. La cour minérale, les sculptures en plein air et le tissu compact d’Orani constituent les références sensibles du parcours. Le projet s’inscrit dans cette continuité culturelle tout en assumant une géométrie contemporaine clairement identifiable.



L’accès est volontairement resserré. Un passage comprimé mène à un escalier tournant qui retarde la découverte de l’espace supérieur. L’arrivée sur la mezzanine inverse brusquement cette sensation : la chambre s’ouvre sur une baie panoramique et sur une terrasse extérieure semi-protégée. Le parcours articule ainsi ombre et lumière, confinement et ouverture, proximité de la matière et profondeur du paysage.



Le bois est retenu comme matériau principal de l’enveloppe. Il rattache la forme organique aux traditions artisanales de la région tout en rendant lisible la précision géométrique de la coque. De loin, le module apparaît comme un volume presque naturel ; à proximité, les panneaux et les lignes de structure révèlent la rigueur constructive nécessaire à cette torsion.



Plans, coupes et élévations confirment une organisation compacte : les fonctions de service occupent le niveau bas, tandis que l’espace de séjour et de repos se déploie sur la mezzanine. Le dispositif ne cherche pas à séparer nettement œuvre, architecture et paysage ; il les réunit dans une expérience résidentielle où la perception change avec chaque déplacement.


